Le programme F-35 Lightning II marque une étape majeure avec plus de 1 000 appareils livrés dans le monde. Singapour s’apprête à recevoir ses premiers exemplaires, renforçant l’empreinte globale de cet avion de combat multirôle. Explorez les commandes, les budgets et les implications stratégiques.

En résumé

Le programme F-35 Lightning II, développé par Lockheed Martin, a récemment dépassé les 1 000 livraisons d’appareils dans le monde. Cette annonce coïncide avec l’arrivée imminente des premiers F-35 pour Singapour, prévue pour fin février 2026. À ce jour, plus de 3 500 appareils ont été commandés par 19 pays, avec les États-Unis en tête, représentant environ 2 500 unités. Le budget total du programme avoisine les 1 700 milliards de dollars (1,700 billion USD), couvrant développement, production et maintenance. Cet avion de cinquième génération intègre des technologies avancées comme la furtivité, la fusion de capteurs et des capacités multirôles, mais il fait face à des critiques sur ses coûts et sa fiabilité. Singapour, qui a commandé 12 F-35B, renforce ainsi sa défense aérienne face aux tensions régionales. Cette expansion souligne l’importance stratégique du F-35 dans les alliances internationales, malgré des retards persistants et des dépassements budgétaires.

Le programme F-35 Lightning II en pleine expansion

Le F-35 Lightning II représente l’un des programmes aéronautiques militaires les plus ambitieux de l’histoire. Conçu comme un avion de combat multirôle de cinquième génération, il intègre des avancées technologiques qui le distinguent des prédécesseurs. Sa furtivité repose sur une conception à faible observabilité radar, avec des matériaux absorbants et une géométrie anguleuse qui réduit la signature radar à moins de 0,001 mètre carré (0.001 square meter) dans certaines bandes de fréquences. Cette caractéristique permet des opérations en environnement contesté sans détection précoce.

Le système de fusion de capteurs est central. Il compile des données de radars actifs à balayage électronique (AESA), de capteurs infrarouges et de systèmes de guerre électronique en temps réel. Le pilote bénéficie d’une vue sphérique à 360 degrés via le casque HMDS (Helmet-Mounted Display System), qui projette des informations directement sur la visière. Cette intégration accélère les décisions tactiques, avec un temps de réaction réduit de plusieurs secondes par rapport aux appareils de quatrième génération comme le F-16.

Trois variantes existent : le F-35A pour décollage conventionnel, le F-35B pour décollage court et atterrissage vertical (STOVL), et le F-35C pour opérations porte-avions. Chacune adapte la propulsion, avec le moteur Pratt & Whitney F135 offrant une poussée de 191 kN (43,000 lbf) en postcombustion. Ces adaptations répondent aux besoins spécifiques des forces armées partenaires.

Le franchissement des 1 000 livraisons et ses implications

La flotte mondiale de F-35 a officiellement dépassé les 1 000 appareils livrés en janvier 2026, selon les annonces de Lockheed Martin. Ce jalon marque une accélération de la production, passée de 141 unités en 2023 à environ 156 prévues pour 2026. Les livraisons cumulées atteignent précisément 1 015 appareils à la date du 9 février 2026, incluant des modèles pour tests et opérations.

Cette progression reflète une maturité accrue du programme, malgré des défis initiaux. Les retards ont accumulé plus de 10 ans par rapport au calendrier original, mais la cadence actuelle stabilise la chaîne d’approvisionnement. Les usines de Fort Worth, au Texas, produisent l’essentiel, avec des lignes d’assemblage final en Italie et au Japon pour les partenaires internationaux.

Singapour entre dans ce cercle avec ses premiers F-35B attendus fin février 2026. Le pays a signé pour 12 appareils en 2020, avec une option pour huit supplémentaires. Cette acquisition, évaluée à 2,75 milliards de dollars (2.75 billion USD), vise à remplacer les F-16 vieillissants. Les F-35B offrent une flexibilité pour les opérations depuis des bases limitées, cruciale dans l’archipel singapourien.

Les commandes mondiales et les principaux acheteurs

Les commandes totales pour le F-35 s’élèvent à plus de 3 500 appareils, confirmées par les rapports du Government Accountability Office (GAO) américain. Les États-Unis dominent avec environ 2 456 commandes, réparties entre l’US Air Force (1 763 F-35A), l’US Navy (273 F-35C) et l’US Marine Corps (420 F-35B). Ce volume représente près de 70 % du total, soulignant la dépendance du programme à la demande domestique.

Parmi les alliés, le Royaume-Uni arrive en seconde position avec 138 appareils commandés, suivis par l’Australie (100), l’Italie (90) et le Japon (147, incluant des assemblages locaux). Israël en a acquis 75, avec des modifications spécifiques pour intégrer ses systèmes nationaux. La Corée du Sud (40) et les Pays-Bas (52) complètent les acheteurs majeurs.

Des pays émergents rejoignent le programme : la Finlande a commandé 64 F-35A en 2021, la Suisse 36 en 2022, et la Grèce négocie pour 20 unités. Ces commandes totalisent 1 043 appareils pour les partenaires internationaux, avec des livraisons progressives jusqu’en 2040.

F-35 Livraisons

Le budget colossal du programme et ses défis financiers

Le coût total du programme F-35 est estimé à 1 700 milliards de dollars (1.7 trillion USD) sur sa durée de vie, selon les projections du Pentagone pour 2026. Cela inclut 428 milliards pour le développement et l’acquisition de 2 456 appareils américains, plus 1 272 milliards pour les opérations et la maintenance jusqu’en 2088.

Le prix unitaire a baissé : un F-35A coûte désormais environ 78 millions de dollars (78 million USD), contre 94 millions en 2018. Les variantes B et C restent plus chères, à 101 et 94 millions respectivement. Ces réductions résultent d’économies d’échelle, avec des contrats en lots annuels.

Pourtant, les dépassements persistent. Le GAO rapporte des surcoûts de 183 milliards depuis 2001, dus à des problèmes techniques comme les faiblesses du logiciel ALIS (Autonomic Logistics Information System), remplacé par ODIN. Les coûts d’exploitation par heure de vol atteignent 44 000 dollars (44,000 USD), bien au-dessus des 25 000 ciblés initialement.

Singapour illustre ces enjeux : son investissement de 2,75 milliards couvre non seulement les appareils, mais aussi la formation et l’infrastructure, avec un impact sur son budget défense de 15 milliards de dollars annuels (15 billion USD).

Les technologies clés et leur impact stratégique

La furtivité du F-35 repose sur une enveloppe composite absorbant les ondes radar, couplée à un refroidissement actif des gaz d’échappement pour minimiser la signature infrarouge. Le radar AN/APG-81 détecte des cibles à plus de 250 kilomètres (155 miles), avec une résolution permettant d’identifier des véhicules au sol.

Le système de mission intègre l’IA pour la gestion des menaces, analysant jusqu’à 10 millions de lignes de code. Cela permet des missions air-air, air-sol et de reconnaissance simultanées. Par exemple, en exercices, un F-35 a neutralisé 20 cibles simulées en une passe, démontrant sa supériorité.

Sur le plan stratégique, le F-35 renforce les alliances OTAN. Les pays européens partagent des données via des réseaux sécurisés, améliorant l’interopérabilité. Cependant, des vulnérabilités persistent : des rapports soulignent des failles cybernétiques et une dépendance à des composants chinois, posant des risques en cas de conflit.

Les défis opérationnels et les perspectives futures

Malgré ses avancées, le F-35 affronte des critiques franches sur sa fiabilité. Le taux de disponibilité opérationnelle stagne à 55 %, loin des 80 % visés, en raison de pannes fréquentes du moteur et des systèmes avioniques. En 2025, plus de 800 appareils étaient cloués au sol pour maintenance, selon le Pentagone.

Les partenaires internationaux expriment des frustrations. L’Australie a reporté des livraisons en 2024 pour des tests supplémentaires, tandis que la Norvège signale des coûts d’entretien doubles des prévisions. Ces problèmes freinent l’expansion, mais des mises à jour comme le Block 4, prévu pour 2027, promettent des améliorations en armement et en puissance de calcul.

Singapour, en intégrant le F-35, anticipe ces défis. Son armée de l’air prévoit une formation intensive aux États-Unis, avec un investissement de 100 millions de dollars (100 million USD) pour des simulateurs. Cette approche pragmatique vise à maximiser l’efficacité dès les premières opérations.

Le F-35 redéfinit les équilibres géopolitiques. Son déploiement en Asie-Pacifique, avec Singapour comme nouveau pivot, contrarie les ambitions chinoises, qui développent leur J-20 concurrent. À long terme, le programme pourrait atteindre 4 000 appareils, mais seulement si les coûts se stabilisent et les performances s’améliorent. Les décideurs militaires doivent peser ces investissements face à des menaces émergentes comme les drones et l’hypersonique, qui pourraient obsolécer les avions pilotés. Cette évolution force une réflexion sur l’avenir de la guerre aérienne, où la technologie prime sur le nombre.

Sources:

Lockheed Martin press release, January 2026.
U.S. Government Accountability Office report, F-35 Sustainment, 2025.
U.S. Department of Defense Selected Acquisition Report, December 2025.
Singapour Ministry of Defence announcement, 2020.
Congressional Research Service, F-35 Joint Strike Fighter Program, updated February 2026.
Aviation Week & Space Technology article, « F-35 Deliveries Hit 1,000, » January 2026.
Defense News, « Singapour’s F-35 Arrival, » February 2026.

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