Exercices navals et aériens russo-chinois en Afrique du Sud : démonstration de force, choix des moyens engagés et impact géopolitique sur le continent.
En résumé
En janvier 2026, un exercice militaire multinational réunissant la Russie, la Chine et l’Afrique du Sud a débuté au large des côtes sud-africaines et dans l’espace aérien adjacent. Cette manœuvre, combinant forces navales et aériennes, dépasse le cadre d’un simple entraînement tactique. Elle constitue un message politique clair adressé aux partenaires occidentaux traditionnels de Pretoria. Les moyens engagés, chasseurs multirôles, avions de patrouille maritime, bâtiments de surface et capacités de commandement conjoint, témoignent d’un niveau de coopération opérationnelle élevé. Pour Moscou et Pékin, l’objectif est double : démontrer leur capacité à opérer loin de leurs bases et renforcer leur influence sécuritaire en Afrique. Pour l’Afrique du Sud, il s’agit d’affirmer une posture stratégique non alignée, tout en tirant profit de partenariats militaires alternatifs. L’exercice révèle une recomposition progressive des équilibres sécuritaires sur le continent africain.
Le cadre général des exercices en Afrique du Sud
Un choix géographique lourd de sens
Le choix de l’Afrique du Sud comme pays hôte n’est pas anodin. Le pays dispose de la marine la plus structurée d’Afrique subsaharienne et d’une force aérienne capable de conduire des opérations combinées crédibles. Les zones d’exercice, situées entre l’océan Indien et l’Atlantique Sud, offrent un environnement idéal pour des manœuvres navales de moyenne intensité et des opérations aériennes à longue distance.
Sur le plan politique, Pretoria revendique depuis plusieurs années une diplomatie dite d’équilibre, cherchant à ne pas dépendre exclusivement des partenaires occidentaux. En accueillant des forces russes et chinoises, l’Afrique du Sud assume une posture stratégique autonome, quitte à provoquer des crispations diplomatiques avec les États-Unis et plusieurs pays européens.
Un message adressé aux partenaires occidentaux
Ces manœuvres interviennent dans un contexte international tendu. Les relations entre la Russie et les puissances occidentales restent dégradées, tandis que la Chine poursuit une politique d’expansion de son influence militaire hors d’Asie. En Afrique, ces deux acteurs cherchent à s’imposer comme des alternatives crédibles aux coopérations sécuritaires occidentales.
L’exercice de janvier 2026 sert donc de vitrine. Il montre que Moscou et Pékin peuvent projeter des forces, coordonner leurs actions et opérer avec un partenaire africain majeur sans l’appui logistique occidental.
Les moyens aériens engagés dans l’exercice
Les avions russes et leurs rôles opérationnels
La Russie a engagé des avions de combat multirôles de génération 4++, adaptés aux missions d’appui naval et de supériorité aérienne régionale. Ces appareils ont été employés pour des missions de patrouille aérienne, d’escorte de bâtiments de surface et de simulation de frappes antinavires.
Des avions de transport militaire ont également été mobilisés pour des scénarios de projection rapide et de soutien logistique. Leur présence illustre la capacité russe à soutenir des opérations expéditionnaires limitées, malgré les contraintes imposées par les sanctions internationales.
Les capacités aériennes chinoises en démonstration
La Chine a mis en avant des avions de combat multirôles modernes, optimisés pour l’interopérabilité avec des forces navales. Des missions de reconnaissance, de désignation de cibles et de coordination air-mer ont été conduites, mettant en avant la montée en gamme technologique de l’aviation chinoise.
Des appareils de patrouille maritime ont également participé aux exercices, soulignant l’intérêt croissant de Pékin pour la sécurisation des voies maritimes africaines. Cette capacité est directement liée aux enjeux économiques chinois sur le continent, notamment les flux commerciaux et énergétiques.
Le rôle de la South African Air Force
La force aérienne sud-africaine a engagé ses chasseurs multirôles Gripen, utilisés pour des missions de police du ciel, d’entraînement au combat aérien et de coordination avec les forces étrangères. Malgré des contraintes budgétaires persistantes, ces appareils offrent une plateforme moderne et crédible pour des exercices multinationaux.
L’Afrique du Sud a également mobilisé des avions de transport et de surveillance, essentiels pour la gestion de l’espace aérien et le commandement des opérations combinées.
Les composantes navales et la coordination air-mer
Les bâtiments de surface déployés
Sur le plan naval, plusieurs frégates et bâtiments de soutien russes et chinois ont été engagés. Ces navires ont participé à des exercices de défense aérienne, de lutte anti-surface et de protection de convois maritimes. La marine sud-africaine a joué un rôle de facilitateur, assurant la coordination locale et la connaissance de l’environnement maritime.
Ces manœuvres ont permis de tester des procédures de communication communes et d’évaluer la compatibilité des systèmes de commandement et de contrôle.
L’intégration des moyens aériens et navals
L’un des points clés de l’exercice réside dans la coordination air-mer. Les scénarios ont inclus la désignation de cibles par des avions de patrouille, relayée à des bâtiments de surface, ainsi que des simulations de frappes coordonnées. Ce type d’entraînement est révélateur d’un niveau de maturité opérationnelle supérieur à celui de simples exercices de présence.
Il démontre la volonté des participants de développer des capacités conjointes adaptées à des opérations de sécurisation maritime et de dissuasion régionale.
Ce que ces manœuvres démontrent sur le plan militaire
Une interopérabilité en progrès mais encore limitée
Les exercices montrent que la Russie et la Chine sont capables de travailler ensemble dans un cadre multinational, mais aussi que cette coopération reste largement scénarisée. Les doctrines, les chaînes de commandement et les standards techniques diffèrent encore sensiblement.
Néanmoins, la capacité à conduire des exercices complexes loin de leurs bases respectives constitue une avancée notable, en particulier pour la Chine, dont l’expérience opérationnelle extérieure reste récente.
Une démonstration de crédibilité plus que de supériorité
Il ne s’agit pas ici de démontrer une supériorité militaire globale, mais une capacité crédible de projection et de coopération. Le message est avant tout politique. Moscou et Pékin montrent qu’ils sont présents, actifs et capables de proposer une alternative sécuritaire sur le continent africain.

L’impact de la Chine et de la Russie en Afrique
Une stratégie d’influence à long terme
Pour la Chine, ces exercices s’inscrivent dans une stratégie globale d’expansion de son influence militaire, en soutien à ses intérêts économiques. Bases logistiques, ventes d’armements, formations militaires : les leviers sont multiples. L’Afrique devient un terrain d’apprentissage pour des opérations extérieures de plus en plus complexes.
La Russie, de son côté, cherche à maintenir et étendre son réseau de partenariats militaires, malgré une capacité économique plus contrainte. Les exercices conjoints renforcent sa visibilité et sa crédibilité auprès de pays africains en quête de diversification de leurs alliances.
Les conséquences pour les partenaires occidentaux
Ces manœuvres renforcent les inquiétudes des partenaires occidentaux traditionnels de l’Afrique du Sud. Elles traduisent une perte relative d’influence et une remise en question des cadres de coopération hérités des décennies précédentes.
Pour l’Europe et les États-Unis, l’enjeu n’est pas uniquement militaire. Il est aussi diplomatique et économique. La concurrence avec la Chine et la Russie se joue désormais sur plusieurs plans, y compris celui de la coopération sécuritaire.
Les limites et les risques de cette recomposition stratégique
Une coopération encore dépendante du contexte politique
La coopération militaire entre la Russie, la Chine et l’Afrique du Sud repose en grande partie sur des convergences politiques temporaires. Des divergences d’intérêts subsistent, notamment sur le long terme. L’Afrique du Sud doit composer avec ses engagements internationaux et les pressions économiques extérieures.
De plus, la dépendance à des partenaires non occidentaux peut créer de nouvelles vulnérabilités, notamment en matière de maintenance, de formation et d’accès aux technologies critiques.
Un signal fort mais pas irréversible
Ces exercices ne signifient pas une rupture définitive avec l’Occident. Ils illustrent plutôt une stratégie de diversification des partenariats. L’Afrique du Sud cherche à maximiser ses marges de manœuvre, tout en envoyant un message clair : le continent africain n’est plus un espace stratégique réservé.
Les puissances occidentales conservent des atouts majeurs, mais devront désormais composer avec une concurrence plus structurée et plus visible.
Une Afrique devenue terrain d’expression des rivalités globales
Les exercices multinationaux de janvier 2026 en Afrique du Sud marquent une étape symbolique. Ils confirment que le continent africain est désormais un espace où s’expriment pleinement les rivalités entre grandes puissances. L’engagement de moyens aériens et navals russes et chinois, aux côtés d’un acteur africain majeur, illustre une recomposition progressive des équilibres sécuritaires.
Pour les pays africains, cette situation offre des opportunités, mais aussi des responsabilités accrues. Choisir ses partenaires militaires n’est plus un acte neutre. Il engage des trajectoires politiques, industrielles et stratégiques de long terme, dans un environnement international de plus en plus fragmenté.
Sources
- Communiqués des ministères de la Défense russe, chinois et sud-africain
- Déclarations diplomatiques officielles de janvier 2026
- Analyses stratégiques sur la présence militaire chinoise en Afrique
- Rapports de think tanks africains et européens sur la coopération militaire Sud-Sud
- Données publiques sur les forces aériennes et navales engagées dans les exercices
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