Le F-47 doit remplacer le F-22 face à la Chine. Son rayon d’action, ses drones et son budget révèlent la nouvelle stratégie aérienne américaine.

En résumé

Le F-47 de Boeing doit devenir le cœur du système américain Next Generation Air Dominance. Sa mission dépasse le remplacement du F-22 Raptor. Il devra pénétrer les défenses chinoises, combattre loin des bases américaines et coordonner des drones de combat semi-autonomes. L’US Air Force annonce un rayon de combat supérieur à 1 000 milles nautiques, soit 1 852 kilomètres, ainsi qu’une vitesse maximale dépassant Mach 2. Elle n’a toutefois jamais confirmé une supercroisière à Mach 2 sans postcombustion. L’affirmation selon laquelle un seul F-47 commanderait 1 000 drones est également fausse. Ce nombre correspond à un objectif initial de flotte pour les Collaborative Combat Aircraft. Le coût donne la mesure du projet : plus de 5 milliards de dollars sont demandés pour le F-47 en 2027, auxquels s’ajoutent le moteur, les drones et les infrastructures. Washington ne choisit pas entre chasseurs pilotés et drones. Il finance les deux.

Le F-47 ne sera pas un simple successeur du F-22

Le F-47 doit remplacer le F-22 Raptor dans la mission de supériorité aérienne. Cette présentation est exacte, mais incomplète.

Le F-22 a été conçu pendant la guerre froide. Il devait détecter et détruire les chasseurs soviétiques avant d’être lui-même repéré. Sa furtivité, sa manœuvrabilité et sa supercroisière en ont fait un appareil redoutable. Il reste cependant limité par son architecture informatique, son rayon d’action et une flotte réduite à 187 appareils de série.

Le F-47 répond à un problème différent. Il doit affronter un adversaire disposant de chasseurs furtifs, de radars multibandes, de satellites, de missiles antiaériens à longue portée et de moyens de guerre électronique puissants. Il devra aussi opérer dans un espace immense, où les terrains disponibles sont rares et vulnérables.

Le nouvel appareil sera donc le centre d’une famille de systèmes. Cette architecture comprend le chasseur piloté, les Collaborative Combat Aircraft, des satellites, des avions de veille, des ravitailleurs, des capteurs distribués et des réseaux de commandement.

Le F-47 ne remplacera pas seulement un avion par un autre. Il doit remplacer une manière de conduire la guerre aérienne.

Boeing a reçu en mars 2025 le contrat d’Engineering and Manufacturing Development. Cette phase doit achever la conception, intégrer les équipements et produire plusieurs appareils d’essai. La valeur du contrat est estimée à plus de 20 milliards de dollars. Les options de production initiale sont prévues, mais le prix unitaire de l’avion reste classifié.

L’US Air Force indique vouloir acquérir au moins 185 F-47. Ce nombre correspond presque exactement à la flotte de F-22. Il reste toutefois un objectif de planification. Il ne constitue pas encore une commande ferme de 185 appareils.

Le théâtre Indo-Pacifique dicte les dimensions du nouvel avion

Le F-47 n’est pas officiellement présenté comme un appareil utilisable uniquement dans le Pacifique. Il doit pouvoir intervenir dans tous les théâtres. Sa conception répond néanmoins très clairement aux contraintes d’un conflit avec la Chine.

L’Europe offre un réseau dense de bases, de routes, d’aéroports et de plateformes logistiques. Le Pacifique impose des distances beaucoup plus importantes. Les forces américaines dépendent d’un nombre limité de bases situées au Japon, en Corée du Sud, à Guam, en Alaska, à Hawaï et sur plusieurs territoires insulaires.

Ces installations sont connues. Leurs coordonnées ne peuvent pas être dissimulées. Elles seraient exposées aux missiles balistiques et de croisière chinois dès les premières heures d’un conflit.

La stratégie américaine d’Agile Combat Employment cherche donc à disperser les avions entre de nombreux terrains. Certains seraient petits, sommairement équipés et utilisés pendant une courte période. Cette dispersion améliore la survie de la force, mais complique la maintenance, le ravitaillement en carburant et le stockage des munitions.

Un appareil à long rayon d’action peut décoller plus loin de la zone de combat. Il peut changer de base plus facilement. Il dépend moins d’un ravitailleur placé à proximité de l’espace contesté.

La portée devient une condition de survie

L’US Air Force attribue au F-47 un rayon de combat supérieur à 1 852 km, soit plus de 1 000 milles nautiques.

Un rayon de combat n’est pas la distance maximale parcourue en ligne droite. Il correspond à la distance que l’avion peut franchir jusqu’à sa zone de mission, tout en conservant le carburant nécessaire pour combattre et revenir à sa base.

La distinction est importante. Un rayon de combat de 1 852 kilomètres permet théoriquement une mission couvrant plus de 3 700 kilomètres aller-retour, avant prise en compte du temps passé sur zone, du profil de vol, des réserves et des manœuvres.

L’infographie publiée par l’US Air Force attribue au F-22 un rayon de 590 milles nautiques, soit environ 1 093 kilomètres. Celui du F-35 est donné à 670 milles nautiques, soit environ 1 241 kilomètres. Le F-47 offrirait donc près de 70 % de rayon supplémentaire par rapport au F-22.

Cet écart ne relève pas du confort. Il détermine la capacité à agir lorsque les bases avancées sont endommagées ou lorsque les ravitailleurs doivent rester loin des missiles adverses.

La vulnérabilité des ravitailleurs impose davantage d’autonomie

La puissance aérienne américaine dépend fortement du ravitaillement en vol. Un chasseur performant mais trop court sur jambes doit rencontrer régulièrement un KC-135 ou un KC-46A.

Ces avions transportent une grande quantité de carburant. Ils sont volumineux, peu manœuvrables et nettement moins furtifs qu’un chasseur. Leur perte aurait un impact disproportionné sur la campagne aérienne.

La Chine développe des missiles air-air à longue portée, des avions de veille, des radars transhorizon et des systèmes capables de menacer les plateformes de soutien. L’objectif ne serait pas nécessairement de détruire chaque chasseur américain. Il pourrait suffire d’éloigner ou de neutraliser les ravitailleurs.

Le F-47 doit donc voler plus loin avec son carburant interne. Il doit aussi disposer d’un moteur plus efficace et d’une capacité d’emport interne suffisante pour ne pas dégrader sa furtivité avec de grands réservoirs externes.

Les performances annoncées restent plus limitées que les rumeurs

Le programme est largement classifié. Les images diffusées par l’US Air Force sont des représentations artistiques. Elles ne permettent pas de déterminer la forme définitive de l’avion.

Quelques données générales ont néanmoins été rendues publiques. Le F-47 doit dépasser Mach 2. Il doit offrir une furtivité supérieure à celle des appareils de cinquième génération. Il doit posséder une architecture modulaire, une fusion avancée des capteurs et une capacité de frappe à longue distance.

Ces éléments ne permettent pas de reconstituer ses performances exactes.

La vitesse maximale ne prouve pas une supercroisière à Mach 2

L’US Air Force annonce une vitesse maximale supérieure à Mach 2. Cela signifie que l’avion doit pouvoir dépasser deux fois la vitesse du son dans certaines conditions.

Cette valeur ne confirme pas une supercroisière à Mach 2.

La supercroisière désigne la capacité à maintenir un vol supersonique sans utiliser la postcombustion. La postcombustion injecte du carburant supplémentaire dans le flux d’échappement. Elle augmente fortement la poussée, mais aussi la consommation et la signature infrarouge.

Le F-22 peut maintenir une vitesse supersonique sans postcombustion. Il est logique que le F-47 conserve ou améliore cette capacité. Aucune source officielle ne confirme toutefois une supercroisière à Mach 2 sans postcombustion.

Une telle performance serait extrêmement exigeante. La traînée augmente fortement en régime supersonique. Maintenir Mach 2 sans postcombustion nécessiterait une cellule optimisée, des entrées d’air très performantes et des moteurs offrant une poussée sèche exceptionnelle.

La vitesse maximale compte pour intercepter une cible ou quitter rapidement une zone dangereuse. L’endurance à grande vitesse est plus importante dans le Pacifique. Un avion qui atteint Mach 2 pendant quelques minutes n’obtient pas le même avantage qu’un appareil capable de rester longtemps en vol supersonique sans épuiser son carburant.

Le moteur adaptatif doit arbitrer entre puissance et consommation

Le programme Next Generation Adaptive Propulsion doit fournir la motorisation du F-47. General Electric Aerospace et Pratt & Whitney travaillent sur des solutions concurrentes.

Un moteur traditionnel est optimisé autour d’un compromis. Un faible taux de dilution favorise la vitesse et la poussée militaire. Un taux de dilution plus élevé améliore le rendement pendant la croisière.

Un moteur adaptatif modifie la circulation de l’air selon la phase de vol. Il peut rechercher l’économie de carburant en croisière, puis privilégier la poussée pendant une accélération ou un combat.

Cette technologie doit augmenter le rayon d’action. Elle doit également fournir davantage d’électricité et de refroidissement.

Ces besoins deviennent critiques. Un chasseur de sixième génération emportera des radars puissants, des capteurs infrarouges, des systèmes de guerre électronique et des calculateurs capables de traiter d’importants volumes de données. Toute cette électronique produit de la chaleur.

Le futur moteur ne devra donc pas seulement propulser l’avion. Il devra soutenir une centrale électrique et thermique volante.

La furtivité devra couvrir plusieurs types de détection

La furtivité du F-47 ne se résumera pas à une faible signature radar vue de face.

Les systèmes modernes associent plusieurs bandes radar, des capteurs infrarouges, des moyens passifs et des réseaux de détection distribués. Une cible peut être repérée par la chaleur de ses moteurs, ses émissions électromagnétiques ou la perturbation qu’elle provoque dans un réseau de capteurs.

Le F-47 devra réduire sa signature sous plusieurs angles. Ses armes seront transportées en soutes. Ses entrées d’air devront masquer les parties réfléchissantes des moteurs. Ses émissions radar et radio devront être contrôlées.

La furtivité ne rend pas un avion invisible. Elle réduit la distance à laquelle il peut être détecté, identifié et engagé. Cette réduction lui donne du temps pour tirer le premier ou pour éviter le combat.

Les 1 000 drones ne seront pas commandés par un seul pilote

L’affirmation selon laquelle un F-47 commanderait un essaim de plus de 1 000 drones mélange deux notions distinctes.

L’US Air Force a utilisé le nombre de 1 000 comme facteur de planification pour l’ensemble de sa future flotte de Collaborative Combat Aircraft. Elle n’a jamais annoncé qu’un seul pilote contrôlerait 1 000 appareils.

Le document prospectif Department of the Air Force in 2050 précise même que le nombre définitif de CCA et le ratio entre appareils pilotés et non pilotés restent à déterminer.

Il faut donc retenir que 1 000 CCA désignent une flotte, pas un essaim placé sous les ordres directs d’un seul F-47.

L’objectif initial reposait historiquement sur environ 200 appareils NGAD associés chacun à deux CCA, ainsi que 300 F-35 accompagnés de deux drones. Ce calcul produisait une flotte théorique de 1 000 appareils. La structure finale peut encore évoluer.

Le pilote donnera des objectifs plutôt que des ordres de pilotage

Un pilote ne pourra pas manœuvrer plusieurs drones avec des commandes individuelles. Sa charge de travail serait immédiatement excessive.

Les CCA devront gérer seuls leur navigation, leur formation, l’évitement des obstacles et une partie du traitement des capteurs. Le pilote leur attribuera une tâche, une zone ou une priorité.

Un ordre pourra consister à rechercher une émission radar, brouiller une fréquence, surveiller un secteur ou se placer en position de tir. L’autonomie embarquée déterminera ensuite la trajectoire et les actions intermédiaires.

Le F-47 jouera ainsi le rôle de commandant de mission. Il ne deviendra pas une cabine de télépilotage.

Le nombre de drones réellement supervisés par un équipage dépendra de leur autonomie, de la complexité de la mission et de la qualité des communications. Il pourrait s’agir de deux, quatre ou davantage. Aucun chiffre opérationnel définitif n’est public.

NGAD USA

Les drones apporteront des capteurs, des armes et de la masse

Les CCA pourront remplir plusieurs fonctions.

Un drone placé devant le F-47 pourra utiliser son radar afin de détecter une cible sans obliger l’avion piloté à émettre. Un autre pourra brouiller les défenses adverses. Un troisième pourra transporter des missiles air-air supplémentaires.

Certains pourront servir de leurres. Ils obligeront l’adversaire à activer ses radars ou à consommer des missiles coûteux. D’autres agiront comme relais de communication entre plusieurs groupes d’appareils.

Le rayon de combat annoncé pour les premiers CCA dépasse 700 milles nautiques, soit environ 1 296 kilomètres. Ils ne posséderont donc pas nécessairement l’endurance du F-47. Le plan de mission devra tenir compte de cette différence.

Tous les CCA ne seront pas sacrifiables. Un drone furtif doté d’un radar, d’un moteur à réaction et de missiles restera un équipement coûteux. L’US Air Force emploie plutôt la notion d’attritable aircraft. L’appareil doit être suffisamment abordable pour que sa perte puisse être acceptée dans une mission décisive, sans être considéré comme jetable.

Le budget révèle l’ampleur du pari américain

Le budget du F-47 ne peut pas être réduit au prix de l’avion.

Pour l’exercice budgétaire 2026, environ 3,45 milliards de dollars ont été consacrés à son développement. La demande pour 2027 dépasse 5 milliards de dollars pour le F-47. La projection atteint environ 5,25 milliards en 2028, avant une baisse progressive attendue pendant les années suivantes.

Le moteur adaptatif NGAP fait l’objet d’une ligne distincte. Environ 514 millions de dollars sont demandés en 2027. La projection approche 906 millions en 2028.

Le programme CCA représente encore un autre budget. L’US Air Force demande environ 2,37 milliards de dollars pour les CCA en 2027. Cette somme comprend près de 1,37 milliard pour la recherche et le développement, ainsi qu’environ 996,5 millions pour amorcer la production.

L’ensemble F-47, propulsion et CCA approche donc 7,9 milliards de dollars pour la seule année 2027. Ce calcul n’inclut pas tous les réseaux de communication, les missiles, les satellites, les ravitailleurs et les autres éléments de la famille NGAD.

L’US Air Force prévoit également environ 730 millions de dollars pour des hangars et des infrastructures d’essais du F-47 à Nellis Air Force Base.

Ces chiffres montrent pourquoi le programme avait été temporairement suspendu en 2024 pour réexaminer ses exigences. Washington devait vérifier qu’un appareil extrêmement performant ne détournerait pas trop de ressources des drones, des munitions et de la disponibilité de la flotte actuelle.

Le prix unitaire reste la grande inconnue

L’US Air Force affirme que le F-47 coûtera moins cher que le F-22. Cette comparaison doit être maniée avec prudence.

Le prix du F-22 a été fortement augmenté par l’arrêt de la production après seulement 187 appareils. Les coûts de développement ont été répartis sur une flotte trop réduite.

Dire que le F-47 coûtera moins cher ne signifie donc pas qu’il sera abordable. Les anciennes estimations du programme NGAD évoquaient plusieurs centaines de millions de dollars par appareil. Aucun prix contractuel de série n’est actuellement public.

Le coût d’acquisition ne sera qu’une partie du problème. La maintenance des revêtements furtifs, les moteurs, les logiciels, les pièces détachées et les infrastructures détermineront le coût réel sur plusieurs décennies.

Le programme promet une maintenance plus simple et une disponibilité supérieure à celle du F-22. Cette promesse devra être démontrée. Le F-35 a déjà montré qu’une architecture moderne et une grande production ne garantissent pas automatiquement une disponibilité élevée.

Les drones ne rendent pas le F-47 inutile

L’essor des drones pose une question légitime. Pourquoi investir plusieurs dizaines de milliards dans un chasseur piloté alors que des appareils autonomes peuvent prendre davantage de risques ?

La réponse américaine est claire. Les drones augmentent la masse. Ils ne remplacent pas encore toutes les fonctions du chasseur piloté.

Un F-47 concentrera des capteurs, une puissance de calcul, des communications et une capacité de décision qu’il serait coûteux de reproduire sur chaque drone. Il pourra modifier la mission lorsque les informations deviennent contradictoires ou lorsque les communications avec le commandement sont coupées.

L’autonomie progresse rapidement. Elle reste toutefois vulnérable aux erreurs de classification, à la guerre électronique et aux situations qui n’ont pas été correctement anticipées.

Le problème devient plus sensible lorsqu’il faut employer une arme dans un environnement où se trouvent des avions civils, des forces alliées ou des cibles ambiguës. Les États-Unis ne semblent pas prêts à déléguer entièrement ces décisions à une machine.

Le F-47 représente donc le commandement humain d’un dispositif autonome. Les CCA prennent les risques les plus importants. Le pilote conserve la responsabilité tactique.

Cette architecture reste pertinente à une condition : les drones doivent être réellement disponibles en nombre. Un F-47 très coûteux, accompagné de quelques CCA rares et fragiles, ne produirait pas la masse promise.

Les autres puissances suivent la même logique mixte

Les États-Unis ne sont pas les seuls à associer un avion piloté à des drones.

Le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie développent le Global Combat Air Programme. L’objectif est de mettre en service vers 2035 un nouvel appareil piloté, associé à des plateformes autonomes, des armes avancées et des réseaux de données.

Le Royaume-Uni a annoncé plus de 3 milliards de livres d’investissement public dans son Future Combat Air System. L’industrie britannique a engagé plus de 700 millions de livres. Le Japon a inscrit 160,2 milliards de yens pour le développement du chasseur de nouvelle génération dans son budget 2026, en parallèle d’études sur les drones collaboratifs.

La Chine teste au moins deux grandes cellules expérimentales observées depuis décembre 2024. Elles sont couramment désignées J-36 et J-50 par les analystes occidentaux. Leurs véritables noms, missions et performances ne sont pas officiellement établis.

Le plus grand de ces appareils semble privilégier la portée, la furtivité et un volume interne important. Il pourrait servir de chasseur lourd, de plateforme de frappe ou de centre de commandement aérien. La Chine développe également des drones furtifs et conserve plusieurs centaines d’anciens chasseurs convertis en appareils sans pilote.

La France suit une trajectoire plus progressive avec le Rafale F5 et un futur drone de combat. Cette solution permet de conserver une capacité pilotée crédible tout en développant le combat collaboratif.

Elle révèle toutefois l’écart d’échelle budgétaire. Le montant demandé par les États-Unis pour le F-47, son moteur et les CCA en une seule année approche 8 milliards de dollars. Une puissance européenne isolée aurait du mal à maintenir longtemps un effort comparable tout en finançant ses forces nucléaires, sa marine, ses satellites et ses équipements terrestres.

L’exemple américain montre surtout que les drones ne réduisent pas automatiquement la dépense. Ils créent une nouvelle couche de capacités à financer en plus de l’avion piloté.

Le pari industriel dépasse la course aux records

Le F-47 ne sera pas jugé uniquement sur sa vitesse ou sur sa furtivité.

Son utilité dépendra de sa capacité à décoller depuis des bases dispersées, à fonctionner avec peu de techniciens et à rester connecté dans un environnement brouillé. Elle dépendra aussi du nombre de CCA disponibles, des stocks de missiles et de la survie des ravitailleurs.

Un rayon de combat supérieur à 1 852 kilomètres représente une avancée importante. Il ne supprime pas les distances du Pacifique. Une vitesse supérieure à Mach 2 est impressionnante. Elle ne garantit ni l’endurance ni la disponibilité. Une flotte de 1 000 drones crée de la masse. Elle ne signifie pas qu’un pilote pourra diriger seul une armée de robots.

Le programme américain est pertinent parce qu’il traite le chasseur, le moteur, les drones et les réseaux comme un ensemble. Il devient dangereux si le F-47 absorbe les crédits nécessaires aux autres éléments de cet ensemble.

Le véritable test ne sera donc pas le premier vol. Il viendra lorsque l’US Air Force devra produire simultanément des avions pilotés, des drones, des moteurs et des armes à un rythme compatible avec une guerre de haute intensité.

Le Pacifique ne récompensera pas l’appareil le plus spectaculaire. Il favorisera la force capable de rester dispersée, connectée, ravitaillée et suffisamment nombreuse après les premières frappes.

Les sources

United States Air Force, « Air Force Awards Contract for Next Generation Air Dominance Platform, F-47 », 21 mars 2025.

United States Department of Defense, « Trump, Hegseth Announce Air Force’s Next Generation Fighter Platform », 21 mars 2025.

General David W. Allvin, infographie officielle comparant le F-47, les chasseurs américains et les Collaborative Combat Aircraft, 13 mai 2025.

Department of the Air Force, « The Department of the Air Force in 2050 », décembre 2024.

Pacific Air Forces, « PACAF Strategy 2030: Evolving Airpower ».

Department of the Air Force, « Fiscal Year 2027 Budget Estimates », avril 2026.

Department of the Air Force, documents budgétaires RDT&E relatifs au F-47, au NGAP et aux Collaborative Combat Aircraft, avril 2026.

Air & Space Forces Magazine, « What the F-47’s Projected Budget Suggests About Its Development », 4 mai 2026.

Defense News, « From Prototypes to Production: US Air Force Seeks Nearly $1B for Initial CCA Procurement », 30 avril 2026.

Defense One, « F-47 Will Have 70% Better Combat Radius Than F-22, Air Force Says », 13 mai 2025.

Reuters, « Trump Picks Boeing Over Lockheed for Fighter Jet Contract », 21 mars 2025.

United Kingdom Ministry of Defence, « Strategic Defence Review 2025 ».

United Kingdom Ministry of Defence, « Defence Industrial Strategy 2025 ».

Japan Ministry of Defense, « Progress and Budget in Fundamental Reinforcement of Defense Capabilities, FY2026 », décembre 2025.

Reuters, « Images Show Novel Chinese Military Aircraft Designs », 27 décembre 2024.

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