Voler à Mach 20, c’est aujourd’hui!

02 Juil Voler à Mach 20, c’est aujourd’hui!

C’est un événement historique qui va avoir lieu ce jour, avec le premier vol d’un aéronef jusque Mach 20 ! Ce vol test ouvre la voie à de nouveaux développements de l’aviation, tant sur les motorisations que sur les matériaux nécessaires pour résister à une telle vitesse. Plus de deux ans après un premier vol d’essai, la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency) prépare le lancement d’un deuxième exemplaire du Falcon HTV (Hypersonic Technology Vehicle) qui doit accomplir un vol hypersonique depuis la base Vandenberg, en Californie. Cet engin qui ne décolle pas comme un avion est lancé par une fusée Minotaur IV d’Orbital Sciences, qui doit l’amener sur une trajectoire supersonique. L’engin accélère alors jusqu’à Mach 20, soit plus de 20.000 kilomètres à l’heure ! Le vol devait avoir lieu hier soir mais a été reporté à aujourd’hui à cause des conditions météorologiques. Le lancement peut être suivi sur le fil Twitter de la Darpa. Ce programme de la Darpa a pour objectif de tester des technologies nécessaires aux vitesses hypersoniques, comme la protection thermique, les formes aérodynamiques, la maniabilité, la communication à longue distance et la réutilisabilité des engins. Avec ce programme, les États-Unis souhaitent se doter d’un engin capable de relier n’importe quel point du globe en moins de deux heures pour répondre à un besoin militaire de réponse rapide (Prompt Global Strike). Comme le drone spatial X-37B, dont le deuxième exemplaire est toujours en orbite, le Falcon HTV fait partie du concept de domination spatiale qui a pris le pas sur celui de la maîtrise des airs, considérée comme acquise par les responsables américains. Enfin, on rappellera l’exploit du X-51 Waverider qui, en juin 2010, a volé 200 secondes à vitesse hypersonique, soit le record du genre, à plus de 21 kilomètres d’altitude à l’aide de son système de propulsion brûlant l’oxygène atmosphérique, lui évitant d’emporter ce comburant dans un réservoir. Cependant, la maîtrise de ces technologies n’est pas une mince affaire. Des vitesses de l’ordre de Mach 20 imposent des matériaux conçus pour supporter des températures de quelque 2.000 °C mais aussi des commandes de vol particulières.